blog.logout.fr Il est (vraiment) temps de faire une pause…

16Juil/085

Lost in incompétence (suite)

Après ma petite gueulante de vendredi dernier, j'ai eu envie de revenir sur l'histoire du passage refusé en deuxième année dans une école partenaire. Histoire que les choses soient claires pour tout le monde, et que ça dissuade peut-être certains de tenter quoi que ce soit.

L'histoire est simple, mon école est pourrie. Pas spécialement plus pourrie que certaines autres, mais bien pourrie quand même. Voilà pourquoi, bien que m'étant résigné à faire ce Master juste "histoire de" (histoire d'avoir un "+5" après mon "BAC"), j'ai eu la légitime envie d'aller voir ailleurs pour ma dernière année. Et ça tombait bien, puisque mon école elle-même proposait de suivre un cursus différent en dernière année, dans une école partenaire.

Avantages :

  • Double diplôme (celui de mon école, et celui de l'école partenaire) donc double Master.
  • Changer d'école et de personnel pour une université, un peu de liberté et des gens qualifiés.
  • Changer l'environnement et les gens que je dois fréquenter.
  • Un programme et des intervenants beaucoup plus intéressants à l'université.

Inconvénients :

  • Charge de travail importante (entreprise + programme de ma première école + programme de l'université).
  • Changement de rythme de travail pour quelque chose de plus "scolaire" qu'un CFA.

Bien entendu, j'étais conscient de tout cela, et cela ne me dérangeait pas de faire le "sacrifice" si cela pouvait me changer un peu les idées. J'ai donc postulé immédiatement à l'école partenaire, et c'est là que les choses ont commencé à aller de travers.

Premièrement, absolument aucune information ne nous a été donné concernant l'école partenaire. Ni sa localisation exacte, ni son programme, ni ses options, ni les modalités d'admission, rien du tout. Nous avons dû nous mettre en quête d'informations nous-même, via Internet et des plaquettes PDF en anglais glanées ça et là. Pas super glorieux pour ce qu'ils appellent un "partenariat".

Deuxièmement, on nous a averti qu'il fallait avoir notre TOEIC avant toute admission dans une école partenaire, et ce uniquement le jour même de la présentation des options. Soit plus de deux mois après le passage du-dit TOEIC. Ce qui signifie que ceux qui l'avaient raté et attendaient de s'améliorer pour le repasser (ils avaient jusqu'en fin de dernière année, voire même après) étaient déjà baisés sans même avoir tenté quoi que ce soit.

Troisièmement, nous devions nous présenter en candidat libre auprès de l'école en question. Visiblement, le partenariat s'arrêtait uniquement à un concept abstrait car l'administration possédait bien sûr déjà toutes les informations nous concernant. Les mêmes informations que nous avons dû répéter dans un dossier d'inscription bien dodu de 20 pages, que nous avons dû adresser nous-même à l'école en question, en précisant bien qu'il fallait "voir avec notre école" pour l'histoire du "partenariat"...

Quatrièmement, une semaine avant la date de clôture de rendu du dossier d'inscription, non seulement l'école ne nous avait toujours pas averti de cette date (ceux qui n'avaient pas eu le réflexe de faire une candidature spontanée l'on eu dans l'os), mais elle ne nous avait surtout toujours pas fourni une seule des pièces justificatives requises par le dossier d'inscription. Finalement, c'est quelques jours avant la clôture des inscriptions qu'ils se sont décidés à dire :

Veuillez vous inscrire directement auprès de l'université en précisant "Voir avec mon école" pour tout ce que vous avez à fournir concernant votre année en cours (recommandation, notes, etc.).

Cinquièmement, l'école a instauré tout un tas de règles débiles pour empêcher/ralentir/gêner notre admission dans une école partenaire. Ce qui, au début de l'année, a commencé ainsi :

Pour les apprentis qui souhaitent s'inscrire en Master à l'université, comme pour tous les partenaires les règles de validation de l'inscription sont les suivantes :
- avoir au moins 750 au TOEIC
- être à jour de ses rattrapages L3

... s'est transformé en ceci, 5 jours avant la date de clôture des admissions :

- avoir au moins 750 au TOEIC
- être à jour de ses rattrapages L3
- ne pas avoir plus d'un rattrapage en M1

Conséquence de tout ceci ?
Laissez-moi vous narrer la journée du 3 juillet dernier.

Levé aux aurores, bien présenté, rasé et costard de rigueur, direction l'université pour les entretiens et concours d'entrée. De 9h à 12h, tests psychotechniques ultra-hardcore sur la logique, les maths, les capacités de déduction, de raisonnement, etc. 13h, entretien devant un jury composé des responsables de mon école et de l'université. Mon profil est plébiscité, je suis le meilleur aux tests du matin, j'ai 985 au TOEIC, ai déjà travaillé dans le domaine étudié, je suis sérieux et je présente bien. Du tac-au-tac, le responsable de l'école me balance un "Bon, votre profil m'intéresse sérieusement, pour moi c'est tout bon, je vous prend direct. Maintenant reste à voir ce qu'en pense votre école". Réponse de l'intéressé : "Du moment qu'il rattrape son F en mathématiques, pas de problèmes". "Merci monsieur, a l'année prochaine".

Une semaine plus tard, je reçois une lettre :

J'ai le regret de vous faire connaître la décision de la Commission qui a statué sur votre demande de candidature au Master professionnel de notre université.

Monsieur GREVET Nicolas
Est refusé à l'inscription.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de ma considération distinguée.

Vous pouvez imaginer ma réaction face à cette lettre.
Ni une, ni deux, je me renseigne à droite à gauche pour tenter de trouver à quel endroit ça a déconné. J'appelle l'université pour leur faire part de ma stupeur, et là, choqué, j'apprends qu'ils sont désolé, qu'ils voulaient absolument me prendre et qu'ils se faisaient une joie d'avoir des gens aussi compétents que nous dans leur promotion, mais que mon école a posé son véto.

Et oui, il fallait suivre, car une semaine après la fin des entretiens, les conditions d'admission dans une école partenaire avaient encore été mystérieusement changées pour ceci :

- avoir au moins 750 au TOEIC
- être à jour de ses rattrapages L3
- ne pas avoir de rattrapage de niveau F en M1
- ne pas avoir plus de deux rattrapages de niveau "Fx" en M1

Bilan, j'ai un F en maths, je dégage. Moi ainsi que toutes les personnes qui étaient présentes ce jour. Stupeur du responsable de l'université, qui nous explique que notre école leur a expliqué que nous étions tout à fait conscients de ces conditions d'admission. Conditions dont nous n'avions jamais entendu parler de notre vie. Stupeur également de voir qu'un F dans une matière qui n'a aucun rapport avec la dernière année dans cette école puisse me barrer la route. C'est la première année que cela arrive, tout le personnel de l'université se dit choqué et en colère contre mon école actuelle.

De son côté, cette dernière continue de tout nier en bloc et assure que tout le monde était au courant. Pendant ce temps, je rate non seulement ma dernière chance de faire une année d'études potable, mais également une chance de travailler avec des gens aussi compétents que les responsables de l'université, sur un programme qui m'enchantait et pour lequel j'avais toutes les qualités requises pour étudier. École de merde.

Messieurs et mesdames les responsables de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Versailles, si vous lisez ceci, je vous conseille de faire quelques inspections.

Commentaires (5) Trackbacks (0)
  1. Mais…juste une question, y’a pas moyen d’alarmer les inspecteurs en faisant un genre de pétition ? En s’y mettant à plusieurs il y a peut-être moyen de secouer quelques puces non ?

  2. Et bien… je ne peux que te donner mes plus sincères encouragements et mon admiration devant tant de patience de ta part.

  3. Quelle est donc le nom de cette école ?

  4. Je préfère ne pas le divulguer au même endroit que l’article. J’ai encore une année à faire, et je sais de source sûre qu’ils aiment beaucoup menacer et sanctionner les gens quand ils ne vont pas dans leur sens.
    Cela dit, l’information n’est pas très dure à trouver ^^

  5. Et bien la, j’avoue que ton ecole : c’est de la merde.

    En fait, ça me rappelle moi, en pire.
    la raison de mon redoublement de collège, en 3 eme,
    je croyait que j’avais été refuser dans le lycée dans lequel je voulais rentrer.

    Cette année ( brillamment réussi )
    mon proviseur ma annoncé :  » j’ai oublier d’envoyer ton dossier d’inscription l’année dernière, c’est pour ça que tu a redoubler  »

    il y a de quoi avoir des envies de meurtres, crois moi.


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